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Ils sont à l'image de dieu.

 

 

L'article du Réseau Voltaire, signé par Thierry Meyssan, daté du 25 août 2008 et intitulé « Impérialistes de droite et impérialistes de gauche », expose quasi fortuitement une vérité fondamentale sur les juifs, et par extension, sur tous ceux qui se prennent pour des êtres supérieurs aux autres, qui se croient supérieurs à la masse (lire l'article du Réseau Voltaire reproduit à la fin de ce texte - Site Internet du réseau Voltaire : http://www.voltairenet.org/fr).

 

Cet article est conclu en affirmant que ce que demandent aux palestiniens les juifs, est simplement que les palestiniens reconnaissent les juifs comme étant créés à l'image de dieu ("Il affirme que l’occupation israélienne ne pourra pas prendre fin tant que les Israéliens n’auront pas de garanties pour leur sécurité et que « les Palestiniens n’auront pas fait la preuve qu’ils reconnaissent les Israéliens comme créés à l’image de Dieu »").

 

Allons de façon plus directe, sans les contraintes de crédibilité et de manipulation, et d'appartenance à un camp qui combat un autre, ce qui limite et perverti la liberté d'expression du Réseau Voltaire (le Réseau Voltaire est similaire à la "Voix de l'Amérique" du temps de la guerre froide, et dispense sa propre propagande manipulatoire et mensongère, sa propre désinformation, tout en se disant défendre la liberté d'expression, et tout en dénonçant le mensonge, la désinformation et la manipulation du camps américano-sioniste auquel il s'oppose).

 

Avant de continuer, il est indispensable de gommer toute distinction entre juif et sionisme ou entre le judaïsme et le sionisme. Le sionisme n'est qu'un avatar du judaïsme, l'une des formes que prend le judaïsme, comme le marxisme et le christianisme sont des dérivés du judaïsme, des extensions.

 

Certains s'échinent à distinguer les juifs sionistes des juifs anti sionistes, et le judaïsme du sionisme. Ceux-là ne le font que par tactique, et contribuent à entraver la compréhension qui est vitale pour l'humanité, du phénomène dit « juif ».

 

Quant aux fameux « rabbins antisionistes », ils ne sont guère plus que des attractions foraines, des sortes de curiosités qu'exhibent des pinces sans rires, ou des niais, ou encore des polémistes en manque d'argument. Ces fameux rabbins font penser à la femme à barbe du passé ou à l'avaleur de sabres, quand les foires possédaient encore des traits surréalistes et de poésie.

 

Le Christ, personnage de fiction trivialement copié sur celui tout aussi imaginaire de Mithra, inventé quelques siècles avant lui dans l'actuelle Iran, Christ qui est d'ailleurs reconnu comme réel par l'islam, islam qui est aussi l'un des dérivés du judaïsme, le Christ est juif, et est défini comme étant le fils de dieu, c'est à dire dieu ou un dieu lui-même, par le « sang », il est du sang de dieu, dieu par « filiation », « génétiquement ».

 

Les chrétiens comme les palestiniens, doivent donc reconnaître que les juifs sont dieu, et logiquement, puisqu'ils sont enfants de dieu, dieu l'unique, que dieu est juif (d'où l'importance de la génétique dans l'idéologie juivo-sioniste, par l'étude scientifique des gènes, dont le fameux gène "divin", situé sur le chromosome 22, le chromosome transcendant, lequel ne peut être observé que par les rabbins biologistes, on peut savoir qui est juif et qui est un faux juif, c'est à dire qui est un dieu, et qui est un faux dieu).

 

La terre palestinienne, lieu d'implantation des « enfants de dieu », ou de "Dieu l'unique le juif", est donc une sorte d'Olympe, de lieu extra terrestre, sacré, interdit aux profanes, aux non dieux, aux non juifs, comme les temples étaient interdit dans le passé aux non prêtres.

 

Là, il faut aussitôt relever l'extrême bêtise ou lâcheté de ceux qui prônent un « seul état pour tous », unissant juifs et non juifs en Palestine. Que pourraient bien avoir à faire de simples mortels dans le domaine des immortels, des dieux, des juifs ? Ceux qui osent considérer comme possible, et comme une solution à la violence en Palestine, un seul état pour tous, sont comme les précédents (et se sont souvent les mêmes), qui distinguent juifs antisionistes et juifs sionistes, ou judaïsme et sionisme. Ils ne font qu'apporter leur collaboration à l'entretien de la confusion concernant le phénomène juif, c'est à dire qu'ils collaborent inconsciemment ou non à la défense du judaïsme. Ceux-là sont des sortes d'idiots utiles ou de simples opportunistes. Ils font en réalité leur minuscule carrière de politiciens sur les cadavres des palestiniens, tout en s'affichant comme défenseurs de ces palestiniens. Ils servent en définitive uniquement la cause du judaïsme et de "Dieu l'unique le juif". Ce ne sont en fin de compte que des supplétifs des juifs, des « harkis » du sionisme.

 

Cette terre de Palestine est donc « La » terre sacrée de la planète Terre. C'est en quelque sorte la piste d'atterrissage de dieu, l'astroport divin, interdit aux simples humains, le quartier général de "Dieu l'unique le juif". C'est un lieu unique sur terre, un lieu d'extra territorialité. La norme humaine n'y a pas sa place. La norme y est divine.

 

Tous les peuples et tous les états de la planète, et au-delà, de l'univers, doivent faire allégeance à Israël et à son "Dieu l'unique le juif". Tous lui doivent obéissance, vénération, et lui payer tribu.

 

Voilà la réalité dévoilée sur le phénomène juif et sur l'état d'Israël.

 

Il faut donc prévenir tous les peuples dans toutes les langues, afin que tous puisse se mettre en conformité avec cette loi transcendante, divine, qui s'applique à tous.

 

Il faut donc traduite ce texte dans toutes les langues, et le propager, le faire connaître à tous les chefs d'état du monde entier.

 

Ce texte est l'Evangile du XXIème siècle, la « Bonne nouvelle ». On a enfin trouvé notre maître, c'est le « Dieu l'unique le juif ».

 

Il faut aussi, pour clore ce texte, relativiser le phénomène « Dieu l'unique le juif », sinon on se fourvoie, car le phénomène  « Dieu l'unique le juif », est très très loin d'être unique, et ce n'est même qu'une caricature triviale, vulgaire, grossière, grotesque même, ridicule, d'une trait commun à tous les humains, à tous les régimes humains, hélas.

 

" Dieu l'unique le juif " est l'excès, ce que les ancien grec dénommaient l'Hybris. Pour eux, c'était la vraie la seule  folie, la raison consistant en la mesure, la folie en la démesure. La cause de cet Hybris était l'orgueil. L'Hybris menait immanquablement à sa propre perte. Dieu l'unique le juif est le seul véritable et authentique fou de notre temps, et peut-être de tous les temps. C'est l'archétype du fou. Il est indépassable. On devrait lui élever un monument afin de prévenir l'humanité de ce genre d'errements, pour ne pas y succomber. Voilà pourquoi les juifs ou les sionistes cherchent à faire enfermer comme fou ceux qui ne se plient pas à son ordre, à sa suprématie, à sa vraie folie.

 

Mais encore une fois « Dieu l'unique le juif » n'est que la miroir grossissant de ce qui structure l'humanité depuis sans doute des temps très anciens. Ce qui structure l'humanité est la séparation de la société en deux parties. L'une étant très faible en nombre d'individus, individus qui dominent la seconde partie sociale, qui est la masse, masse en réalité privée de tout droit, de tout bien, de tout pouvoir, masse destinée uniquement à servir la partie dominante, dont seuls les individus qui lui appartiennent ont une réelle existence en droit.

 

Ceci a été imagé, conceptualisé, très tôt par l'idée de dieu. L'élite est dieu, et la masse sont les mortels, les esclaves de dieu (en islam, Abdallah signifie d'ailleurs « esclave de dieu »).

 

Dans ce systèmes social généralisé au monde entier (quasiment très peu de sociétés humaines ont pu y échapper), il était inévitable que se créé d'eux-mêmes, des extrémismes dans le principe de domination. Le judaïsme n'est que l'un de ces extrémismes, que les circonstances historiques et géographiques ont privilégiées, soutenus, et fait gonfler jusqu'à occuper peu à peu tout l'espace du pouvoir, et fait perdurer jusqu'à nos jours.

 

Il ne fait aucun doute qu'il y a ou qu'il y a eu d'autres extrémismes similaires.

 

Dans l'extrémisme juif de la domination, le principe de domination est stylisé, purifié et concentré jusqu'à l'essence, et élargie, généralisé et systématisé jusqu'au milieu même des élites mondiales dominatrices, soit aux autres dieux.

 

« Dieu l'unique le juif » devient le dominant des autres élites dominantes, des autres dieux, et donc devient dieu unique, les autres dieux étant déclassés en simples mortels, en non dieux, c'est à dire que même les élites dominantes doivent adorer « Dieu l'unique le juif ».

 

Qu'on se le dise, et cela va mieux en le disant.

 

Dans la mafia, cela se nomme le capo de tous les capos, soit le parrain de tous les parrains.

 

La mafia aussi est une caricature de tout système de domination, car la domination est le crime suprême, crime et criminel qu'il faut anoblir, rendre respectable. La mafia n'est que l'extrémisme de tout système de domination, comme le sont les Etats.

 

C'est dans un but de respectabilité qu'à été formé l'histoire de l' « Holocauste », soit du martyr de « Dieu l'unique le juif  », histoire quasi identique d'ailleurs, à l'histoire du personnage de fiction si cher aux chrétiens, celui du Christ, le juif fils de dieu, supplicié pour sauver l'humanité de ses fautes.

 

La raison de l'Holocauste est que les criminels suprêmes, soit ceux qui sont parvenu au sommet de la pyramide mondiale d'asservissement de l'humanité, doivent être d'une façon radicale blanchis, et que la meilleur façon de les blanchir, est de les présenter comme étant les victimes de l'humanité, laquelle étant en réalité leur victime.

 

Il ne s'agit encore et toujours que du procédé classique propre à tout malandrin, d'inversion de la culpabilité, de l'échange des rôles de bourreaux et de victimes.

 

Inverser les rôles de bourreaux et de victimes est le but de l' « Holocauste ».

 

Penser résoudre le phénomène « Dieu l'unique le juif » sans faire évoluer l'ordre social humain fondé sur la domination, soit sur le crime, vers un ordre égalitaire anti pyramidal, est vain, car tant que cette forme pyramidale d'organisation sociale fondé sur le crime, la domination, sera conservé, il y aura toujours quelqu'un pour occuper la place ultime de la pyramide, son sommet, il y aura toujours un « Dieu l'unique le juif », pseudo sémite ou autre, comme prétendant. Dans la mafia, quand un chef suprême mafieu tombe, quand un capo de tous les capos est arrêté, cela réjouit les dix qui attendaient sa place et qui commencent immédiatement pour y parvenir à s'entretuer.

 

Ceux-là, les " Dieu l'unique le juif " font bien l'affaire. On les connaît maintenant sous toutes leurs coutures, ce qui les neutralise, alors pourquoi en changer ... Avec d'autres, il faudra tout recommencer, et de plus, les nouveaux auront acquit grâce aux précédents, plus d'expériences et donc plus de ruses. Ils seront encore plus nuisibles. Conservons au sommet les " Dieu l'unique le juif " et servons-nous d'eux pour briser la pyramide du crime qui charpente la société humaine depuis une dizaine de milliers d'années.

 

 

Nota :

 

Pour ce qui concerne les juifs, lesquels focalisent toutes les obsessions, et attirent tous les obsessionnels, il est bon de réaliser la petite mise au point qui suit.

 

La forme sociale de la secte-mafia, ou de la mafia-secte (le nom reste encore à établir), est sans doute la forme d'organisation de prise de pouvoir, et donc de survie, la plus efficiente, parmi toutes les formes d'organisation ayant cet finalité.

 

La secte mafieuse, ou la mafia sectaire n'est qu'une forme de crime organisé. Cette forme est la plus élaborée.

 

Le crime le plus élevé, le pire des crimes, dans la  classification des crimes, est la prise du pouvoir sur autrui. Ce crime n'est pas considéré comme étant un crime, dans notre univers où le crime domine, dans notre univers de morale inversée, de monde à l'envers.

 

La secte mafieuse (ce qui est la définition des juifs, et du judaïsme) n'est qu'une formation issue de la compétition criminelle généralisée, compétition criminelle généralisée qui constitue l'ordre social dominant actuellement, et qui s'est imposé depuis sans doute au moins une dizaine de milliers d'années, dans l'histoire de l'humanité.

 

Ce qui importe, n'est pas de changer qui occupe le sommet de la pyramide du crime, mais de changer l'organisation sociale, de façon à ce qu'elle ne soit plus pyramidale, et qu'il n'y ait plus de sommet et de base, base exploitée et asservie à un sommet.

 

Tant que la forme pyramidale existera, il y aura un sommet à occuper, et si ce n'est pas la secte mafieuse juive qui l'occupe, ce sera une autre organisation sectaire (il n'en manque pas).

 

La forme pyramidale de société, est la pire possible, et on peut constater maintenant qu'elle nous mène au désastre intégral, et sans doute à notre propre disparition.

 

La mafia sicilienne qui sert d'exemple type d'organisation de recherche de pouvoir, de puissance et d'argent, alors que la secte mafieuse juive est bien plus efficiente, a comme la secte mafieuse juive excellée à semer la confusion à son égard, en déniant pour commencer sa propre existence.

 

De même, ceux qui croient à l'existence d'un lobby juif sont quasi qualifiés de malades mentaux (théorie du complot, complexe de persécution et autres).

 

Mais la secte mafieuse juive réussi même à ce que ses membres, en général ceux de sa base, ignorent participer à une organisation du type du crime organisé, et même, à être membre d'une organisation quelconque. La majorité des juifs ignorent leur réalité.

 

Dans l'avenir, si cela continue d'évoluer comme maintenant, il ne restera plus comme type de sociétés organisées, que des mafia-sectes, ou sectes mafieuses. Chacun sera pour survivre, contraint de faire partie d'une de ces mafia-sectes.

 

Il faut bien avoir à l'esprit que l'organisation sociale en forme de mafia-secte, est la résultante naturelle de la compétition criminelle qui s'est imposée comme mode d'être à l'humanité. Il n'y a rien de particulier à reprocher aux juifs. Simplement, la judaïsme est la mafia-secte la plus ancienne, et les circonstances très privilégiées, historiques et géographique particulière à la région du Proche-Orient (carrefour mondial du commerce et des cultures humaine, très fortes potentialités économiques, centre mondial des voies physiques de communication ...), ont fait qu'elle perdure jusqu'à nos jours.

 

Toutes les organisations sociales de recherche de pouvoir, si elles veulent survivre, vont devoir se mouler, tôt ou tard, sur la forme de la mafia-secte.

 

Il est probable qu'on assistera un jour à une lutte au sommet au niveau mondial, pour la suprématie, entre toutes les mafia-sectes qui existent dans le monde.

 

Il faut encore une fois, cesser de différencier juifs et sionistes, judaïsme et sionisme. Ce sont des étiquettes différentes qui recouvrent un même objet. On peut à tout moment cesser d'être juif, comme on peut quitter la mafia. Il existe des repentis qui ont quitté la mafia (certes à leurs risques et périls).

 

Il y a un travail d'étude, de réflexion et d'analyse à réaliser concernant l'organisation sociale de la forme mafia secte ou secte mafieuse (forme sociale hybride rappelant l'armée, l'église et la bande criminelle - à ce sujet, les partis communistes sont une illustration de la secte mafieuse, la généalogie entre judaïsme et communisme est évidente).

 

On ne survie pas seul dans un univers humain commandé par le crime. La meilleure manière de survivre dans un contexte exclusivement fondé sur le crime est de s'associer et de s'organiser militairement. La meilleure obéissance, l'obéissance absolue est obtenue par les systèmes religieux. L'individualité doit s'effacer comme rouage de l'organisation. En contrepartie de la perte intégrale de l'individualité, de la personnalité, de la volonté propre, du libre arbitre, de sa propre conscience, la survie physique de l'individu est garantie par l'organisation. Il est très probable en ce qui concerne les juifs, que nous nous trouvons en face d'individu totalement dépourvu de toute individualité, de toute personnalité propre, mais il en est de même pour tous les membres d'une organisation de ce type.

 

Dans un monde consacré à la lutte à mort de tous contre tous, la meilleure place pour survivre, le seul et unique refuge se trouve au sommet de la pyramide. C'est la recherche de ce refuge qui motive la forme d'organisation de la mafia-secte, et qui donne l'énergie vitale, combative à ses membres.

 

Il faut cesser de se focaliser sur les juifs, il ne sont qu'un parmi d'autres similaire, éléments dépersonnalisés appartenant aux mafia-sectes.

 

Ceux qui s'obsèdent sur les juifs, leur ressemblent étrangement. Comme eux, ce qui les motive et qui les soude, est l'ennemi. Les juifs ne peuvent exister sans ennemis, comme les antisémites ne peuvent exister sans les juifs. Juifs et antisémites forment un duo existentiel, dont chaque membre dépend de l'autre pour sa survie.

 

 

 

Article du réseau Voltaire.

 

 

Une pétition d’intellectuels US contre Eva Golinger et Thierry Meyssan

Impérialistes de droite et impérialistes de gauche

par Thierry Meyssan.

 

Depuis la publication sur Voltairenet.org d’un article de Thierry Meyssan sur le rôle de l’Albert Einstein Institution dans les pseudos « révolutions » colorées organisées par la CIA, cet organisme et ses représentants ont été exclus des principaux forums anti-impérialistes. Niant en toute mauvaise foi les éléments à charge, des intellectuels de la gauche états-unienne tentent de réhabiliter cet institut si utile à la domination « soft » du reste du monde. À défaut d’être un débat, c’est un moment de vérité.

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25 août 2008

 

Depuis

Beyrouth (Liban)

 

 

D’abord passé inaperçu, l’article « L’Albert Einstein Institution : la non-violence version CIA », publié sur Voltairenet.org le 4 janvier 2005 [1], a suscité un débat international lorsque le président Hugo Chavez Frias en a donné lecture publique le 3 juin 2007 [2].

 

Peu après, le fondateur de cet institut de recherche, Gene Sharp a écrit une lettre ouverte au président Chavez pour lui demander de reconsidérer ses propos et une seconde à mon attention pour me demander de venir à résipiscence [3]. Ces missives n’ayant pas convaincu, de nombreux auteurs ont développé la critique de l’Albert Einstein Institution, notamment Me Eva Golinger au Venezuela [4]. Pour stopper la polémique, le professeur Stephen Zunes, personnalité en vue de l’intelligencia progressiste états-unienne a pris la défense de son ami Gene Sharp et réuni des signatures prestigieuses, dont celle de Noam Chomsky, autour d’une pétition de soutien [5].

 

Me Eva Golinger a déjà répondu à Stephen Zunes et je m’abstiendrai de reprendre ici ses arguments que je partage tous [6]. Considérant que les pièces du dossier sont accablantes pour l’Albert Einstein Institution, je ne discuterais pas une nouvelle fois la question désormais bien connue du rôle de cet organisme dans les prétendues « révolutions » colorées. Je me concentrerai sur la signification et les motivations de la pétition initiée par le professeur Zunes.

 

Lors de l’indépendance de l’Inde, Mohandas K. Gandhi, abordait la lutte contre l’impérialisme britannique sous un angle religieux et moral. Il entendait construire une Inde indépendante ayant l’hindouisme pour religion nationale et organisée autour du système des castes. Contrairement à ce que l’on pense souvent, il n’était pas opposé à la violence en soi, mais considérait qu’elle devait être l’exclusivité de la caste des Kshatriya. Il avait donc imaginé une mode de lutte anti-impérialiste pour les autres castes : la non-violence. Gandhi était révolté par la domination britannique. Il était par contre indifférent à la domination de certaines castes sur d’autres et à l’exclusion des parias, dans laquelle il ne percevait aucune violence.

 

Gandhi dirigea le mouvement de libération nationale dans une difficile cohabitation avec Jawaharlal Nehru. Celui-ci imaginait une Inde indépendante laïque et socialiste, débarrassée du système des castes. Leur action commune permit de chasser l’occupant. Le projet de société du Mahatma Gandhi faillit triompher. Prenant peur, des musulmans exigèrent la création du Pakistan. La partition du pays fit un demi million de morts et douze millions de déplacés en quelques jours.

 

Ainsi, la non-violence de Gandhi, mise au service du mouvement de libération nationale, a grandement contribué à l’indépendance de l’Inde. La même non-violence, mise au service d’un projet confessionnel et réactionnaire, a suscité un gigantesque drame humain.

 

L’originalité de Gene Sharp est d’avoir repris la non-violence de Gandhi, mais aussi celle d’Henry David Thoreau, de Martin Luther King et d’autres encore, et de l’envisager au plan militaire et politique. Il en est arrivé à la conclusion que la non-violence est une technique de combat comme une autre, qui peut être mise au service des objectifs les plus divers. Il a toujours veillé à se tenir à l’écart des clivages politiciens pour souligner que sa technique peut être adoptée par n’importe quel courant politique. Son travail a intéressé l’OTAN pour planifier une résistance civile face aux Soviétiques et la NED/CIA pour organiser de pseudo-révolutions.

 

Pour défendre l’Albert Einstein Institution, Stephen Zunes écarte d’un revers de main toutes les informations disponibles sur le cursus de ses responsables et leurs activités au motif qu’elles ont été révélées par Eva Golinger et moi-même. Il oppose alors la crédibilité de Gene Sharp, guru de nombreux écologistes, féministes et syndicalistes, à la nôtre. Il me qualifie à tort de « marxiste » pour effrayer le bourgeois états-unien, affirme que mes « erreurs » et celles de Me Golinger seraient imputables à la fois à un effet d’optique et à notre pensée « raciste ». D’une part, c’est parce que l’administration Bush préconise agressivement des « changements de régime » que nos esprits faibles suspecteraient les militants des droits de l’homme souhaitant renverser des dictatures d’être des agents de l’impérialisme US. D’autre part, c’est animé du racisme et de l’arrogance occidentale que nous serions incapables de reconnaître la capacité des peuples du tiers-monde à conduire des actions politiques et que nous imaginerions une manipulation derrière chaque événement. Pas de chance ! Eva Golinger est certes États-unienne, mais elle vit à Caracas et elle est bolivarienne ; moi-même je suis certes Français, mais je vis entre Damas et Beyrouth et je suis radical. Le bolivarisme et le radicalisme sont des mouvements politiques issus de la philosophie des Lumières, le premier s’est développé dans les Andes contre l’impérialisme espagnole et l’esclavage, le second en France contre la monarchie et le cléricalisme. Rien à voir avec le marxisme-léninisme, ni l’occidentalo-centrisme. Au demeurant, nous ne trouvons pas insultant d’être qualifiés de « marxiste ».

 

Stephen Zunes poursuit en nous qualifiant de « conspirationistes », terme péjoratif désignant dans le jargon atlantiste tout dissident, particulièrement ceux qui ne croient pas à l’effondrement mimétique de la Tour n°7 du World Trade Center et à la dématérialisation d’un avion dans le Pentagone des Bermudes. « Il est donc troublant que tant de sources progressistes d’information aient relayé de telles erreurs si largement et que tant de gens les aient crues, particulièrement au vu du manque criant d’éléments solides pour étayer leurs accusations. La minorités de ces articles [critiquant Sharp] qui contient des citations utilise simplement des sources discréditées depuis longtemps comme Meyssan et Golinger », conclut-il.

 

La pétition du professeur Zunes s’inscrit dans le contexte de la prochaine élection d’un nouveau président des États-Unis. Celui-ci aura la lourde charge de changer l’image de l’empire états-unien pour assurer sa pérennité. Les principaux stratèges US adoptent un discours public de dénonciation des aspects visibles les plus choquants de la politique actuelle et appellent à une correction du système pour le sauver. Ainsi, l’ancien secrétaire d’État républicain James Baker ou l’ancien conseiller national de sécurité démocrate Zbigniew Brzezinski dénoncent les guerres de George W. Bush et l’occupation israélienne des Territoires palestiniens, ou réclament la fermeture du camp de Guantanamo. Ces positions n’ont donc rien de contestataires. Ce sont des évidences pour tout le monde, jusqu’au sommet de l’estabishment impérial. La Commission bipartisane Armitage-Nye a élaboré un consensus entre républicains et démocrates afin que le prochain président, quel qu’il soit, soit plus un diplomate-en-chef qu’un commandant-en-chef et qu’il privilégie des actions extérieures de type « révolutions colorées » à des interventions militaires.

 

Ce renouvellement de la stratégie états-unienne, désormais basée sur « le pouvoir intelligent » (smart power) et non plus sur la force brutale, correspond à un basculement identique au sein du mouvement sioniste. L’équipe de la revue néo-conservatrice Commentary de John Podhoretz s’efface temporairement au profit de celle de la revue progressiste Tikkun du rabbin Michael Lerner. Le nouveau fer de lance du sionisme s’est donné comme objectif de spiritualiser la gauche états-unienne comme Commentary l’a fait avec la droite. Tikkun fait campagne pour que Barack Obama propose un Plan Marshall Global, sur le modèle de ce que firent la CIA et le département d’État au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour vassaliser l’Europe occidentale. Il milite pour « la justice sociale pour les Palestiniens et la sécurité d’Israël » (et pas l’inverse), niant la situation d’apartheid dont sont victimes les ressortissants israéliens musulmans et chrétiens, ainsi que le droit au retour des personnes déplacées. Tikkun appelle les dirigeants palestiniens à abandonner le terrorisme pour la non-violence. Il affirme que l’occupation israélienne ne pourra pas prendre fin tant que les Israéliens n’auront pas de garanties pour leur sécurité et que « les Palestiniens n’auront pas fait la preuve qu’ils reconnaissent les Israéliens comme créés à l’image de Dieu ».

 

Professeur de sciences politiques à l’université de San Francisco et spécialiste du Moyen-Orient, Stephen Zunes est l’auteur de Tinderbox : U.S. Foreign Policy and the Roots of Terrorism (La poudrière : la politique étrangère états-unienne et les racines du terrorisme). Il y promeut l’idée que c’est le soutien des États-Unis aux régimes autoritaires du Moyen-Orient qui produit en réaction le terrorisme anti-US. Les États-Unis ne seraient donc pas détestés à cause de leurs valeurs, mais parce que leurs dirigeants les bafouent en soutenant cyniquement des dictateurs. Cette argumentation est caractéristique de la propagande de relifting de l’empire. Elle fait l’impasse sur le financement commun des principaux groupes « islamistes » par Riyad et Washington pour contrer les mouvements révolutionnaires, laïques ou religieux. Elle absout à la fois les dirigeants états-uniens et leur peuple des crimes commis au motif que les premiers auraient trahi des idéaux que les seconds n’ont jamais mis en pratique. Simultanément, elle diabolise à la fois les dirigeants et les peuples arabes, les premiers comme des dictateurs et les seconds comme des terroristes. Dans ses travaux, Stephen Zunes —à la manière de son ami Noam Chomsky [7]— s’évertue à présenter Israël comme victime des diktats US et irresponsable de la situation en Palestine.

 

La pétition de Stephen Zunes nous apprend une chose : certaines figures intellectuelles de la gauche états-unienne se targuent d’anti-impérialisme, mais défendent le système lorsque le sale boulot est fait avec discrétion. À ce propos, il n’est pas indifférent que M. Zunes et ses acolytes défendent les mythes de l’empire, des pseudos « valeurs américaines » au fantasme du complot islamique mondial.

 

Thierry Meyssan

Analyste politique, fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage paru : L’Effroyable imposture 2 (le remodelage du Proche-Orient et la guerre israélienne contre le Liban).

Les articles de cet auteur

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[1] « L’Albert Einstein Institution : la non-violence version CIA », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 janvier 2005.

 

[2] « Vidéo : Hugo Chávez recommande la lecture des enquêtes de Thierry Meyssan », Réseau Voltaire, 4 juin 2007.

 

[3] Voir « Responses to Attacks », sur le site de l’Albert Einstein Institution.

 

[4] Elle avait déjà publié Bush vs. Chavez. La guerra de Washington contra Venezuela, Monte Avila, 2006.

 

[5] Article argumentaire : « Sharp Attack Unwarranted », par Stephen Zunes, Foreign Policy in Focus, 28 juin 2008. Article repris par divers journaux comme le Hufinggton Post et de nombreux sites de gauche. Pétition : « Open Letter in Support of Gene Sharp and Strategic Nonviolent Action ».

 

[6] « Making Excuses for Empire : Reply to Defenders of the AEI », par George Ciccariello-Maher et Eva Golinger, Venezuela Analysis, 4 août 2008.

 

[7] « Le contrôle des dégâts : Noam Chomsky et le conflit israélo-israélien », « Contrairement aux théories de Chomsky, les États-Unis n’ont aucun intérêt à soutenir Israël » et « Comment Chomsky a occulté l’influence du lobby pro-israélien sur la politique des États-Unis », par Jeff Blankfort, Réseau Voltaire, août 2006.